mardi 23 février 2010

Cloud computing : vers une industrie de la transformation de ressources ?


A la lecture de
cet article et dans le cadre d'un projet personnel, je me suis fais la réflexion suivante : proposer un service hébergé sur une plate-forme cloud n'est-il pas comparable à l'industrie de transformation de matières premières ?
Avant d'essayer d'y répondre, faisons un point sur ce qu'est le cloud, ou du moins la façon dont je l'envisage.

La tête dans les nuages

L'hébergement d'une application sur le cloud implique un paiement à la demande : seules les ressources réellement consommées sont facturées.
Les cycles CPU, le stockage et les transferts réseau sont souvent les ressources quantifiables, unités de la facturation.
Cette approche est à comparer avec celle, plus classique, consistant à payer un forfait mensuel, voire annuel, quelque soit la charge effectivement utilisée.
En outre, l'approche cloud apporte de l'élasticité, de la scalabilite puisque des ressources supplémentaires peuvent être allouées de manière (quasi-)transparente en cas d'un besoin ponctuel supérieur.
Enfin, une bonne partie des tâches d'administration et de garantie de disponibilité sont déléguées au fournisseur.
Ce modèle économique permet notamment de supprimer les frais initiaux (pas d'achat de serveur), de lisser et réduire les frais et de se concentrer sur le coeur de son métier, sans ce soucier des problématiques orthogonales que sont l'hébergement et la garantie de service.

Cloud Factory

Imaginons maintenant le cas d'un service web hébergé sur ce type de plate-forme. Imaginons aussi, dans un premier temps, que son fournisseur s'oriente vers une facturation forfaitaire de ses clients. Il parie donc sur le fait que le forfait mensuel payé par chaque client couvrira les coûts en ressources induits par son utilisation du service.
Il y a donc un risque que l'activité ne se révèle pas rentable, voire déficitaire. Le fournisseur peut minorer ce risque en misant sur la mutualisation et en imposant des règles d'utilisation limitant ce dépassement éventuel.
Il reste malgré tout une zone d'incertitude.

A contrario, l'éditeur peut opter pour une facturation à la demande, au même titre que ses propres frais d'hébergement. Ainsi, l'utilisateur ne paierait que la quantité de service auquel il a fait appel. Par exemple, un service de conversion de devises ou l'utilisateur serait facturé pour chaque conversion effectuée. Cette somme doit bien entendu être définie en fonction du coût engendré par une telle requête.

Avec un peu de recul, on peut dire que le fournisseur effectue la transformation, la combinaison et la valorisation de ressources brutes (CPU, réseau, mémoire, stockage) en produit transformé (conversion) consommable par l'utilisateur. Le tout en flux tendu. Ces produits sont alors vendu sous forme packagée, de manière unitaire et sans le moindre stockage.
Cela vous rappelle quelque chose ? Et oui, l'application hébergée sur le cloud est foncièrement devenue une usine de transformation comparable à celles du secteur de l'industrie ou de l'agronomie.

Du coup, il serait judicieux de s'appuyer sur les nombreux enseignements, modèles et outils du domaine industriel pour optimiser son activité de prestation de service sur le cloud. Non ?

EDIT : rephrasage, correction de fautes.

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